IDHES

L’argent des familles

Pratiques et régulations sociales en Occident aux XIXe et XXe siècles

DATE
jeudi 16 – vendredi 17 juin 2016

LIEU
Hôtel Gouverneur
975, Rue Hart
Trois-Rivières, Québec

 

Comité scientifique
Hélène Belleau, INRS Urbanisation Culture Société, Québec, Canada
Claude Didry, IDHES-Cachan, École normale supérieure de Cachan, France
Florent Le Bot, IDHES-Evry, Université d’Evry Val d’Essonne, France
Livio Di Matteo, Lakehead University, Ontario, Canada
Thierry Nootens, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada
Sherry Olson, Université McGill, Québec, Canada
Yvan Rousseau, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada

 

 

PRÉSENTATION

Thématique

Au cours du XIXe siècle, l’industrialisation transforme profondément la manière dont les familles voient à leur subsistance et tentent d’assurer, le cas échéant, la reproduction de ressources et patrimoines aux contours divers. Le recul des économies fondées sur le monde de la terre et la montée en force du salariat fragilisent bien des ménages alors que l’idéologie libérale, au même moment, fait de la volonté individuelle et de la propriété les fondements des rapports socioéconomiques. Ces rapports vont désormais dépendre plus étroitement du maniement de l’argent et des divers véhicules de création et fructification de la valeur qui se multiplient avec le développement du capitalisme. À ce titre, les familles interagissent de plus en plus avec différents marchés dont le degré d’institutionnalisation est variable : crédit, assurances, finance et consommation courante, pour ne nommer que ceux-là.

De quelle manière le processus de monétarisation de la vie sociale a-t-il été vécu du point de vue des ménages et lignées familiales aux XIXe et XXe siècles ? Il s’agira d’examiner l’expérience, les pratiques et les stratégies des familles, de toutes conditions, en regard de la place prise par l’argent en tant que forme dominante de lien social et en tenant compte de leur mouvement de reproduction matérielle et symbolique. Reproduction vécue dans des environnements marqués par des inégalités et fragilités différentes selon les époques, les lieux et les milieux. En outre, quelles pratiques institutionnelles ont présidé, avec une intensité variable, à la régulation de la monétarisation de la vie sociale telle que vécue dans la sphère domestique ?

Si les familles seront au cœur des échanges lors de cette rencontre scientifique, le choix des échelles d’observation est ouvert. La question sociale suscitée par la diffusion du salariat au XIXe siècle (Castel, 1995) de même que la problématique des iniquités en matière de répartition des richesses nationales (Piketty, 2013) sont inséparables de l’étude de la vie privée, puisque la famille est le point focal de la reproduction sociale des individus avant la montée de l’État providence et, simultanément, l’un des vecteurs des inégalités à l’époque contemporaine, au moyen du retour en force de l’héritage. À l’autre bout du spectre, les actifs familiaux (salaires, immeubles, capitaux, etc.) engendrent leur propre trame de rapports microsociologiques, rapports formels, informels et changeants dans la durée (Zelizer, 1994).

Objectifs

Les objectifs de ce colloque sont de permettre des réflexions croisées sur les différents processus et enjeux liés à la monétarisation de la vie sociale, du point de vue des familles, ainsi que sur les phénomènes de régulation sociale concomitants; de susciter des échanges à propos des différentes échelles spatiotemporelles à partir desquelles peuvent être abordés ces objets; de mieux comprendre les continuités et ruptures ayant marqué leur histoire.

Consulter le programme (pdf) et le résumé des communications

 

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