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Appel à candidatures : contrat doctoral

Proposition d’un contrat doctoral (octobre 2022 – septembre 2025) en histoire contemporaine financée par l’ANR 21-CE41-0012 « Compter en situation coloniale et post coloniale XIX-XXIe siècle (Afrique francophone) » – COCOLE – dirigée par Béatrice Touchelay, Professeure d’histoire contemporaine – Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS) UMR CNRS 8529 Université de Lille (France) et co-encadrée par Abdou Karim Tandjigora, historien, Faculté des SHS – Université Cheikh Anta Diop (UCAD), Dakar (Sénégal). 

DATES

Dates limite de candidature : 28 juin 2022

Informations sur le contrat doctoral

Référence : UMR8529-AURDUC-004
Lieu de travail : VILLENEUVE D ASCQ
Date de publication : mardi 7 juin 2022
Nom du responsable scientifique : Béatrice TOUCHELAY
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2022
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

DÉPOSER SA CANDIDATURE

https://emploi.cnrs.fr/Offres/Doctorant/UMR8529-AURDUC-004/Default.aspx

Contact

Pour toute information complémentaire, en indiquant en objet « Candidature », vous pouvez contacter :
Abdou Karim Tandjigora (aktandjigora@gmail.com)
Béatrice Touchelay (beatrice.touchelay@univ-lille.fr)

La personne sélectionnée sera intégrée à l’axe 1 de l’ANR, consacré aux institutions de statistiques en Afrique, et travaillera en étroite collaboration avec l’ensemble de l’équipe (axe 2 Les chiffres des banques coordonné par Olivier Feiertag, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne ; axe 3 Les statistiques du travail coordonné par Annick Lacroix, Université de Nanterre ; et axe 4 Les chiffres des entreprises, coordonné par Xavier Daumalin, Université Aix-Marseille). Elle participera aux réunions du consortium, à la préparation des séminaires et des colloques projetés et à l’approfondissement et la diffusion des recherches.

Le doctorat s’intitule :

« Fabrication, usages et effets des statistiques économiques et sociales en Afrique occidentale d’expression française, 1944-1980 »

Le sujet proposé invite à une approche critique des statistiques coloniales et post-coloniales, depuis la conférence de Brazzaville (28 janvier – 8 février 1944), qui entend modifier le rapport colonial et repenser la mise en valeur des colonies, jusqu’à la crise économique des années 1980, qui marque l’essoufflement de la coopération. Sur le plan chronologique, il s’inscrit dans les profonds changements de la politique française et des relations internationales de l’après Seconde Guerre mondiale et inclut le moment particulier des indépendances (1960), l’organisation des nouveaux États et le développement de la coopération française (formation des statisticiens d’outre-mer et coopération technique), l’essor des organisations internationales (ONU, FAO puis Banque mondiale …) et la poussée des élites africaines porteuses des réformes économiques et sociales.

Le Sénégal sera le terrain d’étude privilégié, tout en l’intégrant dans son contexte régional en lien avec les autres composantes de l’ancienne AOF. Il ne s’agira pas d’étudier toute la production de l’administration coloniale, mais de s’accorder avec le ou la doctorant.e sur les chiffres touchant au travail, aux prix, etc. qui seront étudiés en fonction des sources disponibles et de ses aspirations.

Il s’agira à la fois d’étudier la sociologie des acteurs-producteurs (formations, trajectoires-circulations, …) des statistiques, de préciser le rôle de ces chiffres dans les transformations économiques, politiques et sociales des colonies puis des pays devenus indépendants et d’analyser la façon dont ils expriment les inégalités de « développement » des espaces nationaux qui viennent se superposer aux inégalités héritées des dynamiques économiques précoloniales. 

En s’inspirant de la méthode critique mobilisée dans l’analyse des statistiques démographiques, la thèse retiendra un certain nombre de statistiques économiques et sociales (prix, salaires, activité économique, niveau de vie, etc.) qui permettent d’encadrer l’activité, de définir des politiques d’investissement, de redistribution et de planification.

La recherche proposée consiste à « faire parler » les statistiques (ces conventions chiffrées produites pour gouverner), à les examiner par le détail pour en tirer tout ce qu’elles nous enseignent des situations économiques, sociales et politiques qu’elles sont censées refléter, en croisant les échelles d’analyse, partant du plus petit (l’individu) et jusqu’au plus grand (les organisation internationales) en passant par les entreprises, les secteurs d’activité, colonies ou États… 

Il s’agit d’étudier à la fois les motivations et les objectifs des commanditaires des statistiques et de leurs usagers, d’examiner leur rôle, leur capacité ou non à légitimer ceux qui concourent à leur fabrication, leur capacité à justifier, à expliquer ou bien à critiquer les décisions. Il s’agit de préciser comment ces chiffres accompagnent ou contribuent aux changements de politiques, aux transitions pré et post indépendances, par exemple, et d’analyser leurs effets sur les structures sociales (ceux qui sont comptés comptent, les autres sont invisibilisés voire exclus…). Il s’agit aussi d’analyser minutieusement les conditions de la fabrication des statistiques (les relations entre enquêteurs et enquêtés, entre administrateurs et administrés, entre statisticiens et politiques etc.), de préciser les enjeux des classifications mobilisées pour les fabriquer (catégories ethniques), ainsi que les hiérarchies qui en découlent (on pense aux classements de la Banque mondiale). 

Si la ou le candidat.e ne doit pas manifester d’allergie aux chiffres, il ne lui sera pas demandé de mobiliser des formules mathématiques. Il ou elle doit manifester une sincère curiosité pour ces chiffres et être capable de les aborder de façon critique sous l’angle de la socio-histoire : comment, par qui et pourquoi ces statistiques sont produites ? Comment sont-elles interprétées et utilisées ? Que nous apprennent-elles, que dissimulent-elles ou quel flou introduisent-elles dans les sociétés qu’elles sont censées représenter ? 

Une expérience de recherche aux archives dans le cadre d’un master d’histoire par exemple, est indispensable pour réaliser la thèse en trois ans. Le soutien de l’équipe de l’ANR qui a déjà bien avancé les recherches sur les statistiques coloniales d’avant la Seconde guerre mondiale sera nécessaire pour aller directement aux sources les plus importantes. L’inventaire est en cours, les archives et la documentation disponibles sont abondantes et dispersées. Elles se trouvent aux ANOM à Aix-en-Provence pour la période coloniale, aux Archives nationales du Sénégal à Dakar, aux archives diplomatiques de La Courneuve et de Nantes, aux archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine (fonds du ministère de la coopération) et au Centre des archives économiques et financières de Savigny-le-Temple (rapports de l’inspection des finances, financement de la coopération), tandis que les archives de certaines organisations internationales sont en partie numérisées (fonds UNOG par exemple). Une importante documentation est également conservée à la Bibliothèque Alain Desrosières de la direction générale de l’INSEE qui a inventorié depuis peu les versements de l’ancien service statistique de la coopération et qui conserve aussi les fonds de l’École de formation des statisticiens d’outre-mer.

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