IDHES

La police des Lumières

Ordre et désordre dans les villes au 18e siècle

Dates

Cette exposition programmée à l’origine du 11 mars au 30 juin 2020 a été reportée suite à la crise sanitaire de la Covid19.

Du 18 septembre 2020 au 18 janvier 2021

Exposition du lundi au vendredi de 10 h à 17 h 30
Samedi et dimanche de 14 h à 17 h 30
Fermeture le mardi et le 1er mai

Lieu

Archives Nationales site de Paris
60 rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
Métro ligne 1 et ligne 11 : Hôtel de Ville et Rambuteau

Commissariat scientifique de l’exposition

Vincent Denis, maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur à l’IHMC (UMR CNRS 8066).

Isabelle Foucher, chargée d’études documentaires au Département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime des Archives nationales.

Vincent Milliot, professeur d’histoire moderne à l’université Paris 8 et chercheur à l’IDHES (UMR CNRS 8533).

Présentation

À travers environ 200 documents originaux provenant en grande partie des fonds du Châtelet de Paris mais aussi de la bibliothèque de l’Arsenal, la prochaine exposition des Archives nationales qui se déroule à l’hôtel de Soubise, illustre l’émergence d’une police professionnalisée à Paris et dans les villes en pleine expansion du 18e siècle.

Le siècle des Lumières est en matière de police un moment d’échanges intenses, de réflexions et d’expérimentations.
Dans les capitales des “despotes éclairés” ou dans l’Écosse d’Adam Smith, les transformations de la police sont inséparables de l’optimisme du mouvement des Lumières. Certains responsables de l’ordre public font même de la police une “science du bonheur”, destinée à assurer la “félicité des hommes en société”. Pour les administrateurs et les magistrats épris de certaines idées des Lumières, la police est conçue comme une institution « amélioratrice » et un instrument au service du progrès et du développement urbain.

L’exposition a ainsi l’ambition d’illustrer cette rencontre entre la police et les Lumières, sans prétendre les confondre.
Car cette police d’Ancien Régime a aussi son côté sombre renvoyant à une organisation sociale violemment inégalitaire. C’est pourquoi elle n’hésite pas, notamment à Paris, à utiliser des moyens de lutte expéditifs contre tous ceux qui sont considérés comme indésirables : mendiants et vagabonds, migrants mal insérés, prostituées, imprimeurs, écrivains et pamphlétaires, fils libertins, épouses débauchées, enlevés, enfermés sans autre forme de procès. La sûreté des bons citoyens a pour revers un arbitraire policier qui nourrit les réticences, les colères et parfois les rébellions de tous ceux que la vie fragile menace. L’enfermement par ordre du roi – sous la forme des lettres de cachet – frappe le faible comme le puissant à Paris grâce à l’effroyable efficacité de la police. L’arbitraire, l’opacité de la police comme son recours à l’espionnage, sont de plus en plus débattus et critiqués en France comme en Europe à la fin du 18e siècle, afin de borner et de placer sous contrôle ses moyens accrus et ses agents tout-puissants.

Par les débats toujours actuels qu’elle suscite sur les libertés, le pouvoir de l’administration ou celui des juges, la censure et la régulation des nouveaux médias, l’intervention des pouvoirs publics dans le domaine des produits de première nécessité, la police du 18e siècle interroge aussi notre temps.

Enfin, l’exposition accorde une place particulière aux gestes et aux mots des hommes et des femmes du peuple, et à leurs sentiments mêlés, entre attentes de justice, craintes et colères, à l’égard d’une police qui se veut porteuse d’ordre et de “civilisation”.

Exposition réalisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.

 

Autour de l’exposition

Cycle de conférences

Lundi 16 mars 2020
Peut-on rendre les Parisiens heureux ? Les politiques de la police au siècle des Lumières
Cycle de conférences en association avec le Comité d’Histoire de la Ville de Paris
Vincent Milliot (Université Paris 8, IDHES UMR CNRS 8533)
Bibliothèque de l’Arsenal, 1 rue de Sully, 75004 Paris à 18 h

Samedi 21 mars 2020
La répression policière des émeutes à Paris au XVIIIe siècle
Clara Chevalier (EHESS)
Archives nationales, site de Paris, au CARAN en salle d’albâtre à 14 h 30

Samedi 28 mars 2020
Comment punir la révolte ? L’ordre public pendant les exécutions d’émeutiers (Paris, 1725-1789)
Pascal Bastien (Université du Québec à Montréal, GRHS)
Archives nationales, site de Paris, au CARAN en salle d’albâtre à 14 h 30

Mercredi 1er avril 2020 – Les nocturnes de l’Histoire
Qui êtes-vous ? Police et identification des personnes au XVIIIe siècle
Vincent Denis (Université Paris I, IHMC-CNRS UMR 8066)
Archives nationales, Hôtel de Soubise, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris à 18 h 30

Samedi 25 avril 2020
Policer la nuit. L’éclairage urbain au siècle des Lumières en France et en Europe
Sophie Reculin (Université du Havre)
Archives nationales, Hôtel de Soubise, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris à 14 h 30

TÉLÉCHARGER

Le dossier de presse (pdf)

VOIR AUSSI

Histoire des polices en France

 

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