IDHES

Les finances du syndicalisme

Vers une sociologie politique des régimes de ressources

DATES

Lundi 8 février 2021, 9 h – 17 h

ORGANISATION

Émilien Julliard | université Paris Dauphine-PSL, IRISSO
Karel Yon | CNRS, université Paris Nanterre, IDHE.S

LIEU

Université Paris Nanterre
Bâtiment Max Weber, salle de conférences
200 avenue de la République
92 000 Nanterre
Comment venir ?

En raison du contexte sanitaire, la journée d’études se tiendra à la fois en présentiel et en distanciel.

Lien zoom :
https://us02web.zoom.us/j/87811677936?pwd=bmFnTUIySy9taG5RMk11SUpPRGo1UT09

Les règles de distanciation imposant un nombre maximum de participant·es, les personnes qui souhaitent assister physiquement à la journée sont priées de s’inscrire au préalable en écrivant à karel.yon@parisnanterre.fr

Pour toute question relative à la visioconférence (lien) permettant d’assister à la journée à distance, écrire à mgregoire@parisnanterre.fr

PRÉSENTATION

En France, la question des modes de financement des organisations politiques (entendues au sens large de groupements volontaires tels que partis politiques, associations ou syndicats), a étonnamment fait l’objet de peu de recherches en sciences sociales. Les raisons avancées à ce désintérêt sont diverses : il s’agirait d’un objet perçu comme « trop vulgairement “matérialiste” », les données publiques auraient longtemps manqué, et quand elles ont fini par être mises à disposition, leur profusion et leur technicité, appelant des compétences à la fois statistiques et juridiques, ont pu rebuter les non-spécialistes (Phélippeau, 2018). On pourrait ajouter, à propos des syndicats, « une tradition tenace de discrétion pour tout ce qui touche à l’argent, ce nerf honteux de la guerre sociale » (Pigenet, 1995).

La mise à l’agenda du problème des finances syndicales depuis les années 2000 donne l’occasion de tenter d’en finir avec ce « point aveugle » (Bévort, 1994) de la recherche. Cette journée d’étude entend y contribuer en fournissant un double effort. En premier lieu, un effort d’accumulation empirique : le premier enjeu est en effet de documenter la diversité des mécanismes de financement et des flux de ressources qui alimentent les organisations syndicales. L’autre effort est celui de la clarification théorique. À l’encontre d’une analyse se contentant de faire la part entre les ressources propres des syndicats et les financements extérieurs, il semble indispensable de prendre en compte les dimensions culturelles et politiques des ressources. Dans le sillage de la théorie du « marquage social » de la monnaie, qui a montré que les ressources, transferts et dépenses monétaires pouvaient être investis dans les rapports sociaux de significations multiples (Zelizer, 2005), et de la théorie des « régimes de ressources » (Friot, 2009) selon laquelle la nature des ressources conditionne le statut des acteurs sociaux, les droits dont ils disposent ainsi que les institutions avec lesquelles ils interagissent, le parti-pris de cette journée d’étude est de réfléchir aux enjeux politiques des finances syndicales. Dans quelle mesure les modes de financement participent-ils à la définition du syndicalisme, de son périmètre de représentation, de ses répertoires d’action et d’organisation ? Quelle place les acteurs syndicaux accordent-ils aux réflexions sur les ressources financières ? Dans quelle mesure la question des finances syndicales est-elle un enjeu de luttes politiques, dans le champ syndical et au-delà ?

Références citées

Bévort Antoine, 1994, « Les finances comparées de la C.G.T. et de la C.F.T.C.-C.F.D.T. 1945-1990 », Communisme, n° 35-37, p. 141-170.
Friot Bernard, 2009, « Sociologie des ressources monétaires et théorie du salariat », dans Higelé Jean-Pascal (dir.), Les transformations des ressources des travailleurs : une lecture de l’emploi et des droits sociaux en France, Nancy, Presses universitaires de Nancy.
Phélippeau Éric, 2018, L’argent de la politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2018, 265 p.
Pigenet Michel, 1995, « Les finances, une approche des problèmes de structure et d’orientation de la C.G.T. (1895-1914) », Le Mouvement Social, n° 172, p. 53‑88.
Zelizer Viviana A. 2005 [1994], La signification sociale de l’argent, Paris, Seuil, 348 p.

PROGRAMME

9 h Accueil

9 h 30 Introduction générale, par les organisateurs

***

9 h 45 – 12 h 30 – 1re session
L’argent des institutions : subventions, indemnités et autres financements pérennes

L’argent des dispositifs publics et paritaires
Discutant : Éric Phélippeau | Université Paris Nanterre, ISP

Karel Yon | CNRS, université Paris Nanterre, IDHE.S
La mise en problème public du financement syndical (années 1990-2000)

Claire Vivès | CNAM, LISE – Centre d’études de l’emploi et du travail
Fonctionnement du paritarisme et rétribution des organisations syndicales de salarié.es. Le cas de l’Unédic

Guillaume Gourgues | Université Lyon 2, TRIANGLE
L’épreuve du bénévolat. Le (non) intéressement des organisations syndicales dans les politiques territoriales

Mickaël Ciccotelli | Université Paris Dauphine, IRISSO
Un engagement bénévole ? La participation du patronat à la gestion de la politique des retraites en France (1985-2015)

*

L’argent des dispositifs d’entreprise
Discutante : Élodie Béthoux, ENS Paris-Saclay, IDHE.S

Rémi Bourguignon | IAE Gustave Eiffel, IRG
Quand un dispositif de dialogue social structure le rapport syndicats-salariés : le cas du chèque syndical

Josepha Dirringer | Université Rennes 1, IODE
Le financement des syndicats dans les accords d’entreprise sur le dialogue social. Une approche juridique

***

14 h – 17 h – 2e session
L’argent des personnes : cotisations, souscriptions et autres contributions volontaires

L’argent révélateur des luttes organisationnelles
Discutant : Michel Pigenet, Université Paris 1, CHS

Émilien Julliard | Université Paris Dauphine-PSL, IRISSO
Saisir les mutations organisationnelles et des modes d’action par la comptabilité syndicale ? Retour sur un matériau d’enquête du syndicalisme états-unien

Pavel Desmet | INRAE, Université de Bourgogne, CESAER
 “Les timbres doivent-ils être payés à la commande ?” Les transformations de la CFTC-CFDT au prisme de ses finances (1957-1973)

*

L’argent de l’action collective
Discutant : Baptiste Giraud | Université Aix-Marseille, LEST

Nicolas Delalande | Sciences-Po Paris, Centre d’histoire
Dons, prêts et souscriptions dans les collectifs ouvriers de la seconde moitié du XIXe siècle

Jean-Michel Denis | Université Gustave Eiffel, LATTS
Du financement de la grève à son remboursement. Retour socio-historique sur les missions de la CNAS-CFDT

Gabriel Rosenman | EHESS-ENS, CMH
Financer la grève ? Pratiques et acteurs des caisses de grève (2010-2020)

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L’affiche (A3, rvb, pdf)

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